La Villa Kujoyama : un programme d’excellence

Nichée sur les hauteurs de Kyoto, la Villa Kujoyama est une résidence artistique pluridisciplinaire, accueillant depuis 1992 des créateurs confirmés et émergents souhaitant développer un projet en lien avec le Japon.

Fondée sur les bases du premier centre culturel franco-japonais établi en 1926, la décision de sa réhabilitation et transformation en lieu de recherche artistique relève d’une volonté franco-japonaise de promouvoir le dialogue entre les cultures, à travers les échanges artistiques et intellectuels – et la création contemporaine. Plus de 400 artistes et créateurs de toutes disciplines y ont séjourné depuis son inauguration et ont participé à la reconnaissance de son expertise en tant que lieu prescripteur de coopération interculturelle et de création franco-japonaise.

La Villa Kujoyama est aujourd’hui l’une des plus prestigieuses résidences artistiques que la France administre à l’étranger, en coordination avec l’Institut français – l’opérateur culturel du ministère de l’Europe et des affaires étrangères. Elle se positionne pleinement dans l’accompagnement à la mobilité des artistes avec des programmes de recherche destinés à favoriser une meilleure compréhension des pratiques, des métiers d’art à la création numérique sans oublier les arts visuels et les arts de la scène. Elle déploie au quotidien un projet ambitieux en synergie avec de nombreux professionnels, tous secteurs d’activités confondus.

Après la rénovation de son bâtiment réalisée avec le soutien de M. Pierre Bergé et de la Fondation Bettencourt Schueller, son mécène principal, la Villa Kujoyama a réouvert ses portes en 2014. La Fondation Bettencourt Schueller apporte son soutien au programme de résidence avec la poursuite de l’engagement du dialogue et des collaborations entre artisans d’arts français et japonais, et par l’ouverture du programme aux métiers d’art. De 2019 à 2021, la Fondation Bettencourt Schueller soutient la deuxième phase de travaux du bâtiment, consacrée à l’excellence de l’accueil des lauréats.

 

Une résidence à la Villa Kujoyama

En résidence de 2 à 6 mois dans l’un des vastes ateliers logements de la résidence, les lauréats de la Villa Kujoyama sont sélectionnés par un jury composés d’experts sectoriels qui porte une attention particulière sur la qualité du parcours du lauréat, mais également l’excellence et les perspectives du projet envisagé, la nécessité d’une résidence de recherche au Japon, tout comme le protocole de recherche envisagé et les contacts déjà identifiés / établis pour mener à bien cette recherche.

Les lauréats sont accompagnés par une équipe dédiée sur place pendant leur séjour au Japon. Ils sont invités à nouer des relations avec les milieux artistiques, culturels, universitaires et économiques dans l’archipel nippon grâce à trois dispositifs distincts sur candidature. Un programme solo, en binôme ou en duo avec un artiste japonais permet chaque année à une vingtaine de créateurs français ou résidant en France depuis plus de 5 ans d’être accueillis dans un cadre privilégié avec toutes les ressources mises à leur disposition pour mener à bien des recherches, sans obligation de production.

 

Les activités de la Villa Kujoyama

Outre son accueil en résidence, la Villa Kujoyama propose régulièrement des actions et des projets in situ et hors ses murs. Par son maillage en réseau et avec le soutien du réseau Institut français du Japon dont elle est l’un des six établissements, elle s’appuie sur des partenariats durables et innovants, avec des mises en relation spécifiques pour chaque projet accompagné.

Elle prolonge le travail des lauréats de manière à les inscrire durablement dans l’actualité de la scène artistique internationale avec une visibilité concrète qui s’illustre à travers des expositions, conférences, performances, formes innovantes et connectées, pendant et après leur résidence, dans toutes les régions du monde, en France et au Japon.

A l’aube de son trentième anniversaire en 2022, la Villa Kujoyama connaît un développement d’autant plus remarquable qu’il révèle le caractère essentiel d’une résidence dans le processus de création artistique. Ses programmes de résidences croisées, les mutualisations des savoir-faire d’excellences liés aux pratiques contemporaines et son accompagnement post-résidence inédit affirme son regard naturellement tourné vers l’extérieur qui invite sans cesse à la remise en question et au dépassement des frontières.

L’origine de la Villa Kujoyama

L’idée d’établir un centre culturel franco-japonais dans la région japonaise du Kansai naît en 1926 alors que le poète Paul Claudel occupe, pour la dernière année, le poste d’ambassadeur de France au Japon. Avec Inabata Katsutaro, alors président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Osaka, ils parviennent ensemble à réunir un groupe de Japonais francophiles qui rassemblent les fonds nécessaires à la construction d’un institut franco-japonais.

Sur la démarche claudélienne du « contenant japonais et du contenu français », la Société de rapprochement intellectuel franco-japonais assure la tutelle de ce nouvel institut construit grâce à des fonds japonais et dont le fonctionnement est assuré par le gouvernement français. L’Institut franco-japonais du Kansai est inauguré le 5 novembre 1927 sur le mont Higashi, à l’emplacement qu’occupe actuellement la Villa Kujoyama, sur les hauteurs de Kyoto.

Cependant en 1936, les activités de l’institut sont transférées près de l’Université de Kyoto, dont le quartier est alors en plein développement où il se trouve toujours aujourd’hui. Le bâtiment du mont Higashi, alors niché dans les montagnes, est laissé à l’abri des regards.
En 1986, le ministère des Affaires étrangères français décide de relancer un projet sur ce terrain. Il propose, étant donnée la nature de cette ville d’art et d’histoire, d’édifier un établissement singulier destiné pour la première fois en Asie, à accueillir des artistes et des chercheurs en résidence.

C’est ainsi que le 11 novembre 1986, la Société de rapprochement intellectuel franco-japonais décide de la construction, selon l’idée originelle de Paul Claudel, d’un « Centre franco-japonais pour les échanges et la création » grâce aux fonds du petit-fils de Inabata Katsuro. Sous les plans de Katô Kunio, ce centre deviendra l’actuelle Villa Kujoyama, inaugurée le 5 novembre 1992, dans un écrin de verdure.

Crédit photos construction : Michel Wasserman