Le programme Villa Kujoyama ヴィラ九条山プログラム

La Villa Kujoyama, créée en 1992, est dirigée par l’Institut français du Japon en association avec l’Institut français, opérateur de la diplomatie culturelle de la France. C’est l’une des plus prestigieuses institutions culturelles françaises à l’étranger, avec la Villa Médicis à Rome et la Casa de Velasquez à Madrid ; c’est aussi la seule résidence de créateurs française en Asie.

Construite par l’architecte Kunio Kato sur la montagne d’Higashiyama à Kyoto, la Villa Kujoyama développe depuis plus de 20 ans un programme d’excellence à destination des artistes qui souhaitent développer un projet en lien avec le Japon dans les champs les plus variés de la création ; plus de 300 résidents y ont séjourné depuis son ouverture.

En 2011, une réflexion a été engagée pour faire évoluer ce programme et affirmer son rayonnement vers l’extérieur, au Japon et en France. La Villa Kujoyama est désormais appelée à devenir une passerelle de coopération artistique et culturelle entre ces deux pays, un lieu de convergence des champs de la création artistique et un lieu de développement de nouveaux partenariats dans le champ de l’art.

Après la rénovation de son bâtiment réalisée grâce au soutien de M. Pierre Bergé, la Villa Kujoyama accueille ses nouveaux résidents depuis le mois de septembre 2014. À cette occasion, deux nouveaux programmes ont été introduits grâce au soutien de la Fondation Bettencourt Schueller. Le premier initie la collaboration entre un artiste français et un artiste japonais autour d’un projet mené en collaboration. Le second engage un dialogue entre des maîtres d’art français et les arts traditionnels au Japon. L’ouverture du recrutement aux métiers d’arts et la mise en place de ce module de résidence en duo sont deux éléments qui réaffirment la volonté de dialogue et d’échange entre la culture française et la culture japonaise.

Pour accomplir ce projet, les nouveaux programmes de la Villa Kujoyama s’appuient sur une synergie de partenariats spécifiques, artistiques, financiers et culturels afin de développer les coproductions et d’assurer la diffusion des œuvres. Un travail de programmation est aujourd’hui développé dans le cadre de projets initiés ou accompagnés par la Villa.

Le nouveau modèle économique nécessaire à cette ambition s’appuie sur un système de partenariats spécifiques, de tutorat avec les universités et sur un élargissement du dialogue entre arts contemporains et arts traditionnels. Il s’appuie sur une articulation intelligente de la relation avec les partenaires financiers et les entreprises privées associées au programme. Une attention particulière est donnée a posteriori à la visibilité du projet en France et au Japon afin de donner à voir la richesse de ce lieu d’immersion depuis plus de 20 ans et de montrer la puissance d’inspiration de cette culture artistique.

L’origine de la Villa Kujoyama

L’idée d’établir un centre culturel dans la région du Kansai naît en 1926 alors que Paul Claudel occupe, pour la dernière année, le poste d’ambassadeur de France au Japon. Autour de Katsutaro Inabata, alors président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Osaka, il parvient à réunir un groupe de Japonais francophiles qui rassemblent les fonds nécessaires à la construction d’un institut franco-japonais.

Le projet se fonde sur l’idée de Paul Claudel d’associer un écrin japonais et des contenus artistiques français. La Société de rapprochement intellectuel franco-japonais assure la tutelle de ce nouvel institut construit grâce à des fonds japonais et dont le fonctionnement est assuré par le gouvernement français. L’Institut franco-japonais du Kansai est inauguré le 5 novembre 1927 sur le mont Higashi, à l’emplacement qu’occupe actuellement la Villa Kujoyama. En 1936 il sera transféré près de l’Université de Kyoto alors en plein développement et pendant près de 50 ans le bâtiment sera laissé à l’abandon.

En 1986, le ministère des Affaires étrangères français décide de relancer un projet sur ce terrain. Il propose, étant donnée la nature de cette ville d’art et d’histoire, d’édifier un établissement sur le modèle de la Villa Médicis à Rome, destiné à accueillir des artistes et des chercheurs en résidence.

C’est ainsi que le 11 novembre 1986 la Société de rapprochement intellectuel franco-japonais décide de la construction, selon l’idée originelle de Paul Claudel, d’un « Centre franco-japonais pour les échanges et la création » grâce aux fonds du petit-fils de Katsutaro Inabata. Ce centre deviendra l’actuelle Villa Kujoyama, inaugurée le 5 novembre 1992.

Crédit photos : Michel Wasserman